Archive pour novembre, 2015

Dans les rouages du Steampunk

Ils respirent de la vapeur (certains en fument), ont toujours des rouages dans la poche, et l’ordinateur leur paraît bien futile par rapport aux locomotives; vous l’aurez deviné avec cette description à peine caricaturale, je parle bien des « punks à vapeur » : les Steampunks ! Cet univers du même nom a réussi à se développer au point de se décliner dans le cinéma, la musique, les vêtements, les jeux et bien plus encore, alors qu’il n’était au départ qu’un sous-genre littéraire. S’inspirant à la fois de la fantasy, de la science-fiction mais aussi du policier et de l’Histoire, le steampunk a réussi à devenir un monde à lui tout seul. Cela n’a bien sûr pas échappé à la fan-fiction qui en a vite fait une grande source d’inspiration. Le RPG écrit est lui aussi riche de cet univers, déclinant la chose en dizaines et dizaines de contextes et scénarios aussi intéressants les uns que les autres. La success-story du steampunk et des conseils pour l’exploiter ? C’est ici !

I – L’histoire du steampunk

Au XXème siècle, on connaît le cyberpunk : un genre de la science-fiction qui évoque un futur très électronique et cybernétique, souvent pas très joyeux, où le milieu urbain a une place centrale ; mais pas le steampunk, qui n’existe pas encore. Il faudra attendre 1976 avec « Morlock Night » de Kevin Wayne Jeter, considéré comme le premier livre steampunk (K.W. Jeter est d’ailleurs le créateur de ce dernier terme, dérivé justement du cyberpunk). James Baylock et Tim Powers, deux amis écrivains, participent aussi à l’émergence de ce nouveau genre : c’en sont les trois créateurs. Considéré parfois comme du « rétrofutursime », c’est un genre qui se sert essentiellement de la révolution industrielle (époques victorienne et édouardienne) comme base pour développer une uchronie, c’est-à-dire une réécriture de l’Histoire telle qu’elle aurait pu se dérouler suite à un événement dit « divergent » . Est alors développé, dans cette uchronie, un futur industriel tel qu’on l’imaginait au XIXème siècle et qui aurait pu être contemporain si les technologies modernes n’étaient apparues. Parfois, les univers steampunk sont directement conçus dans d’autres dimensions, sans rapport avec notre Histoire.

Très rapidement après sa création « officielle », ce qui était au départ considéré comme un sous-genre de la science-fiction devient un genre à part entière : toute une littérature lui est dédiée et le cinéma commence à s’en inspirer. C’est alors qu’il devient réellement important et atteint une popularité très grande au XXIème siècle (« VIVE LA VAPEUUUR ! »). Il devient un style musical, un style vestimentaire (essentiellement en cosplay) et se retrouve en jeux vidéos; principalement.

Aujourd’hui, ce fandom se développe encore et connaît de plus en plus d’adeptes. Qui sait s’il ne nous fera pas oublier nos baskets et nos jeans pour des hauts-de-forme et des vestons…

II – Comment faire un contexte à vapeur

Comme dit précédemment, les RPG ont décliné ce grand élan mécanique eux aussi et il existe beaucoup de jeux autour de l’univers. Voici donc quelques conseils/idées pour faire un contexte steampunk !

Dans les deux types de contexte présentés, il faut faire attention à ne pas être trop terre-à-terre, attaché à l’Histoire pure car cela fait souvent peur. Évitez des récits purement historiques ou géo-politiques : beaucoup de gens aiment le steampunk avant tout pour l’art de vivre et le style, l’environnement de l’époque. Les contextes steampunk sont souvent teintés d’ambiance policière, l’intrigue principale peut donc être centrée sur cela.

1/ L’uchronie

Si vous choisissez de faire évoluer le contexte dans notre monde à partir de l’Histoire telle qu’on la connaît, gardez à l’esprit les repères historiques réels qui pourront préciser le contexte (« De l’histoire, aaaaaaaaah ! »). L’époque dont est tiré le steampunk se déroule en gros de la fin du XIXème au début du XXème, même si elle peut être plus vaste ou au contraire plus précise. Elle correspond à l’époque victorienne et édouardienne en Angleterre et à la Belle Epoque en France. Pendant ces temps, il y a eu Jack l’Eventreur, la découverte de la radioactivité, de grandes inventions mais surtout des mythes comme Sherlock Holmes ou les vampires qui étaient forts en ce temps, et tout cela peut être évoqué dans le contexte pour amener à un événement fictif « divergent » qui n’a jamais eu lieu dans la réalité. Celui-ci peut être aussi cohérent et crédible par rapport à l’Histoire réelle que fantastique. Un contexte qui mêle faits réels et faits fictifs peut être très intéressant ! En tout cas, il faut vraiment faire attention à ne pas tomber dans des explications interminables et farfelues (« Donc la reine de Slovaquie a créé un espace-temps avec son sceptre à fission nucélaire, et ensuite ? ._. »). Réfléchissez à quelque chose de pertinent. Cet événement devra quoi qu’il en soit permettre un futur alternatif qui repose sur les technologies d’ordre purement mécanique (≠ électronique, cybernétique, etc.). L’idéal est d’en trouver un qui enraye le progrès pour faire persister l’industrie de l’époque. Par exemple, une longue guerre qui stoppe l’investissement dans la recherche ou une expérience tragique de l’informatique qui oblige à rester au stade du XIXème.

2/ Autre dimension

L’avantage d’un contexte qui s’ancre dans une autre dimension, c’est qu’on n’a pas à trouver de raison de rester dans une sorte de sursis avec des technologies anciennes : la question n’a tout simplement pas lieu d’être, l’univers dit « steampunk » est la norme et il n’est nul besoin d’en justifier. En effet, la découverte de l’électricité ou de ce qui s’ensuit peut n’avoir jamais eu lieu et la population s’en satisfaire très bien, tout bêtement ! De plus, on aura forcément plus de liberté au niveau des éléments fantastiques, ou plutôt fantasy puisqu’on peut faire intervenir des éléments surnaturels dans le décor en les considérant comme naturels (« C’est ma dimension et je fais ce que je veux, nah ! »). Néanmoins, préférez une dimension semblable à la nôtre car le steampunk en est avant tout dérivé.

III – Créer un personnage

Un personnage steampunk peut rapidement devenir une oeuvre d’art, il suffit d’y mettre du sien (« et de rajouter un boulon ici, peut-être… un rouage là aussi :3″) ! Car ce qui est intéressant pour ce genre de personnage, c’est justement l’aspect physique que l’on peut exploiter à fond ! Ensuite, libre à vous de choisir sa personnalité, bien évidemment, mais ce pourrait être intéressant qu’elle se voie dans l’apparence du personnage. Il existe justement plusieurs styles à l’intérieur-même du steampunk ! La base réside dans les vêtements, mais on peut ensuite assaisonner avec une multitude d’accessoires et de gadgets. Voilà quelques portraits-types steampunks qui pourraient être inspirants :

1/ Le noble classieux

C’est le style qui est certainement le plus adopté. L’essentiel du personnage réside dans son allure fortunée et classe. Version masculine, il a sa légendaire montre à gousset, un haut-de-forme très british et un veston d’époque. Vous pouvez lui ajouter un monocle ou bien des lunettes à bracelet sur le rebord de son couvre-chef. Ce qui va faire la différence sera la canne : généralement une forme en bâton que vous pourrez styliser à souhait ! Tête de mort, bijoux, motifs métalliques, nacre, sculptures et gravures, tout vous sera possible pour créer un accessoire qui lui corresponde ! Il boitera, certes, mais élégamment. Comme toujours. Version féminine, un corset et une robe volumineuse (avec accessoirement des poignards dissimulés), un parapluie en dentelle (avec accessoirement un fusil dissimulé), une coiffure travaillée (avec accessoirement des aiguilles dissimulées) et de nombreux bijoux (avec accessoirement du poison dissimulé). Là, c’est le chapeau qui peut être stylisé (avec accessoirement des *meurt*). Fleurs ou plumes, il existe beaucoup de combinaisons qui feront la synthèse de la tenue !

2/ L’aviateur passionné

C’est aussi un classique du genre steampunk, mais attention à ne pas vous contenter des magiques lunettes d’aviateur ! Même si vous pouvez vous faire plaisir sur leur design, il y a de nombreux autres éléments sur lesquels se pencher. L’aviateur steampunk aime aller dans le ciel, donc il a tenue plutôt chaude. Autant pour la version masculine que féminine, une veste, une écharpe et un bonnet d’aviateur, qui peuvent être décousus par endroits. Il a souvent une sacoche et il est intéressant de le doter de toutes sortes de choses qui définira le personnage (un objet qui fait partie de son histoire, un porte-bonheur, etc.). Ce qui est aussi à voir, c’est bien sûr son avion ! Il peut lui ressembler, le compléter, représenter une partie de lui, les idées sont infinies. Beaucoup d’éléments peuvent refléter la psychologie et l’histoire du personnage dans les apparences.

3/ Le scientifique bizarre

C’est lui qui trafique les fioles, qui invente les machines explosives et qui installe des mécanismes sur les portes de sa maison pour les faire se fermer mécaniquement (en théorie…). Vous pouvez traiter le personnage de nombreuses manières ! L’important tiendra souvent à la coiffure : soit lui donner une certaine crédibilité avec des cheveux bien coiffés et peignés; soit le rendre totalement étrange avec des cheveux en bataille, voire teints pour la version féminine. Les habits à la base sont relativement simples pour des scientifiques, souvent un long manteau et un pantalon ou une robe de quelques tissus; si on oublie les installations mécaniques sur les membres, les rouages qui parsèment les vêtements, les objets inventés dans les poches et diverses fantaisies qui pourront compléter le personnage !

D’autres idées et/ou remarques sur l’univers steampunk ? N’hésitez pas à les partager !

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