Écrire une scène de combat

Ah là là, les jeux de rôle, ses joies et ses envolées lyriques, ses moments de réunion et… *se fait éclabousser de sang* Oui bon en fait ce qu’on préfère c’est surtout se foutre sur la gueule. Dans une forêt enchantée, en plein New York, sur un bateau à la dérive, devant les remparts d’un château, avec des bâtons, des flingues, des coups de tête, des pouvoirs magiques, une haleine fétide, peu importe ! Avec les scènes de combat, ce qui compte au compte au final, c’est de se taper dessus. Mais attendez… Y aurait pas quelques règles quand même ? Quelques pistes à suivre ? Des conseils pour que tout se déroule au mieux ? Un peu d’aide aussi ? Je crois que si, alors on voit tout ça dans cet article (« Ça y est on y revient, toujours à faire la promotion de son blog, lui… ») !

I – Les règles d’un combat

Avant tout, un élément qu’il me semble important de rappeler : évitez de changer n’importe quel rp en arène de combat mais mettez-vous d’accord avec les autres joueurs pour initier un affrontement, parce que pas tout le monde a forcément envie de faire se battre son personnage, même concernant un rp qui vous ennuie franchement. On peut mettre du piment dans le scénario sans en passer par les armes !

1/ Préserver la liberté d’action

La règle primordiale que l’on peut évoquer en ce qui concerne le jeu des scènes de combats est valable pour tout rp : ne pas jouer le personnage de l’autre. Bien que cela puisse paraître couler de source (« encore un placement de produit – pour un soda en plus ! – et on ose dire que ce blog n’est pas commercial… ») pour un rôliste aguerri, il faut bien garder ce précepte à l’esprit lors d’un combat car les joueurs arrivent rapidement à empiéter sur la liberté d’action de l’adversaire. Et ça se comprend parce qu’on est vite tentés d’écrire des phrases du genre : « Elle lui asséna un tel coup de pied qu’il n’arriva pas à se relever. Elle en profita alors pour le prendre par le col et le coincer contre le mur : il balbutia quelques mots mais tomba à terre dès qu’elle le relâcha, ce qui lui permis de s’asseoir tranquillement auprès de lui. » Ici, on a forcé l’autre joueur à agir comme on l’entendait, peut-être sans vraiment s’en rendre compte. Et c’est ça qui est dangereux avec les rp de combat : il faut toujours laisser une chance à l’autre de changer le cours de l’affrontement. Chaque action de son personnage est une action potentielle pour les autres personnages. En fin de compte, un post doit simplement être le récit qui entoure une seule action principale. L’idéal serait d’éviter d’accumuler les enchaînements sans laisser le temps aux partenaires de respirer. En agissant ainsi, on coupe court à tout ce qui fait la beauté des scènes de combat : la surprise. Qui plus est, l’autre sera certainement frustré et décidera à son tour de n’en faire qu’à sa tête, ce qui aboutira au final à un rp sans queue ni tête où personne ne s’appuie sur les actions de personne, sans aucun écho.

Pis encore, on a tendance à répondre à nos propres anticipations, ce qui peut amener à poster deux réponses en une seule. Par exemple : « Il souffla une boule de feu géante pour littéralement carboniser la pauvre créature. Mais comme il l’attendait, elle avait de quoi se protéger et finit par se dégager sans encombre. Cependant il avait prévu cela et un retour de flammes arrivait déjà dans le dos de la femme. » On a ici non seulement décrit une action que l’autre aurait pu ne jamais vouloir faire, mais on y a en plus répondu par une action supplémentaire. Pour éviter cela, mettez par écrit un bel enchaînement, mais un seul, un combo assez autocentré pour qu’il soit uniquement rapporté de votre point de vue, permettant ainsi à l’autre de réagir comme il le souhaite. Un exemple :

« Joueur 1 : Alexan se cramponna au mur et finit par le parcourir de tout son long grâce à ses cellules adhérentes génétiquement modifiées. Pendant ce temps, il sentait la potion qu’il avait concoctée qui commençait à chauffer dans sa sacoche. Il ne percevait pas Lyne vu la distance qui les séparait désormais, mais il poursuivait sa lancée. Lorsque la fiole se mit à le brûler légèrement, il compris que le liquide était en ébullition. Il retrouva son adversaire dans son champ de vision au bout de la paroi, et lança alors la préparation en direction de son visage juvénile.  »

« Joueur 2 : Lyne vit Alexan qui progressait sur les fortifications. Il était loin, mais sa vue extrêmement développée lui permettait de suivre sa course précisément. Elle savait bien qu’il préparait quelque chose. D’ailleurs, il se rapprochait d’elle à mesure qu’il parcourait le bloc. Une fois qu’il en arriva aux extrémités, elle aperçut un geste rapide en sa direction : il lui envoyait la fameuse mixture à la figure. Ce qu’il ne savait pas, c’est qu’elle l’avait depuis longtemps intervertie avec sa lotion démaquillante…»

Là, les libertés d’action sont totalement respectées, chacun décrit les actions (les siennes mais aussi celles de l’autre) sans intervenir dans le jeu du partenaire. Pourtant, il y a bien un échange entre les deux, puisque l’un réagit à ce que fait l’autre, mais sans contrainte. Et d’ailleurs, la personne qui joue Lyne rapporte qu’elle avait prévu qu’Alexan préparait quelque chose, mais uniquement une fois que le joueur de ce dernier a posté ! On peut donc anticiper dans le jeu, dans la dimension fictive,  sans pour autant anticiper dans la réalité. Selon moi, c’est donc une scène saine de combat (« oh non il se met à faire des jeux de mots, ARRÊTEZ DE LIRE ! ») où, à mon sens, chacun est indépendant tout en prenant en compte l’avancée du jeu. Et j’accorde que ce n’est pas forcément évident à mettre en œuvre ; on peut avoir l’impression d’être totalement limité dans son jeu si l’on ne doit pas empiéter sur la liberté d’action d’autrui, et c’est là toute la difficulté d’un combat (rôlistique bien sûr, parce que dans la réalité c’est plutôt l’inverse…).

2/ Respecter les ratios de puissance

Vient alors à notre esprit un autre point très important : celui des ratios de puissance. On connaît tous les personnages badass, broken et tout ce que vous voulez, qui arrivent à tuer un éléphant avec une frite rassie. Et il faut éviter cela. D’où l’utilité des plateformes qui utilisent un système d’évaluation de la puissance : des jauges, des points, ou encore des rangs ou des objets – entre autres – qui permettent de situer les membres les uns par rapport aux autres, en évitant ainsi les déséquilibres lors d’un affrontement. L’objectivité est primordiale dans un combat, on a du mal à imaginer Bambi mettre à terre Godzilla, donc pensez à relire la fiche technique ou de présentation de l’adversaire s’il y en a, ou alors à le questionner sur ses capacités globales pour comparer avec le potentiel de son propre personnage. Attention, je ne suis pas en train de dire que l’issue d’un combat est forcément prédéfinie, il y a d’autres facteurs qui peuvent rentrer en jeu comme des bottes secrètes, l’environnement (nous allons le voir), ou encore la stratégie, mais tout cela vient souvent dans un deuxième temps du combat. Dans un premier temps, il y aura toujours un affrontement assez objectif, qui mènera ensuite chacun à se dépasser pour tenter de retourner la situation. Mais là encore, il faut savoir être cohérent avec la situation ou même le contexte du forum, à savoir ne pas faire intervenir un char d’assaut du XXe siècle dans un jeu médiéval-fantastique sous prétexte qu’une faille spatio-temporelle vient de s’ouvrir en créant un pont entre le XVe et le XXe siècle (« tu l’as cherchée loin celle-là o.o »). Parfois, il faut juste accepter de perdre.

II – Hors-sujet tu ne feras point

Maintenant qu’on a parlé de la théorie, passons aux difficultés pratiques ! Eh oui, décidément, le rpg, ça peut être compliqué. C’est bien beau d’avoir tout un combat en tête, de se représenter des mouvements dignes d’une chauve-souris ninja, mais encore faut-il parvenir à rapporter tout cela par écrit… Un affrontement peut vite devenir brouillon si l’on bâcle la rédaction. Vous, vous avez déjà les images qui défilent dans votre boîte crânienne avant de poster, mais pas vos partenaires. Au moment de coucher une action avec votre clavier, demandez-vous : Qu’est-ce qui va être sollicité ? Des objets ? Si oui, lesquels ? Des membres ? Si oui, lesquels ? Décomposez l’action en petites exécutions et détaillez avec quoi chacune est faite et comment. Si l’on donne un coup de pied, il faut dire quel pied, vers où, et comment il a été exécuté (intensité, vitesse, etc.). Quand vous avez recours à une technique, n’en parlez pas comme si tout le monde la connaissait mais dites en quoi elle consiste, même si elle est déjà décrite dans un sujet comme par exemple une fiche technique. Imaginez une frise chronologique dans laquelle tout s’enchaîne, étape après étape, et gardez ce schéma-là au moment de la rédaction pour que ce soit le plus clair possible. Dès lors, il y aura peu de chances pour que les adversaires interprètent mal et postent un hors-sujet total. C’est ça votre premier ennemi : le hors-sujet ! Comment mener un combat où chacun répond à côté parce qu’il n’a pas correctement suivi les agissements d’untel ou d’unetelle ? Ne sous-estimez pas l’importance de bien comprendre l’action globale pour poursuivre la construction d’un réel combat sensé. Pour ce faire, je conseille de relire deux fois les messages en faisant attention à relever les actions dans leur ordre chronologique. On lira de la même manière qu’on écrira : en suivant une ligne temporelle précise. Si vous avez compris dans quel ordre se fait quoi, vous avez compris la quasi-totalité du combat, parce que même si vous n’avez pas compris une action de votre adversaire, vous pourrez rebondir sur celle qui arrive après. Et même celle qui arrive avant ! Par exemple, vous pouvez penser à écrire une tournure qui vous permette d’ignorer toutes les actions suivantes, comme : « Ce tir de lance-pierre fut si intense qu’il le sonna complètement ; il se retrouva assis contre un arbre, incapable de répondre aux autres attaques de son adversaire. » Rien ne vous empêche ici de reprendre vos esprits plus tard, mais au moins vous n’évoquez pas les actions postérieures qui vous ont échappées. Par contre, cette pirouette – si je puis dire – ne doit pas être récurrente, contactez votre partenaire pour lui faire part du mal que vous avez à cerner ses actions (gentiment, bande de brutes !). D’ailleurs, pour tout ce qui vient d’être dit dans cette partie, je dois dire que pour une fois (parce que beaucoup les fustigent), les plateformes à rythme rapide ont un avantage certain. Les messages peuvent se succéder, et chaque action s’ajouter à une autre presque immédiatement, recréant tout à fait le dynamisme d’un combat et des enchaînements au coup par coup. On a vraiment les échos dont je parlais plus haut, avec une vraie réciprocité de l’action.

III – Mais poings tu mettras

Chers lecteurs, vous voilà bien rodés pour vous combattre dans les règles de l’art, et pour bien exécuter vos combines. Le truc, c’est qu’au départ, il faut savoir quelles combines faire. Si l’on sait comment mettre les coups, mais qu’on ne sait pas quels coups mettre, alors il y a problème (« pour une fois, c’est pas faux. »). Je vais passer sur l’exploitation des capacités qu’ont vos personnages belliqueux, puisque normalement vous les connaissez, étant donné que ce sont justement vos personnages. Concentrons-nous sur davantage sur les astuces qui vont pouvoir enrichir le combat.

1/ Où suis-je ?

Un combat, comme tout rp, a lieu dans un lieu, c’est le cas de le dire. Alors servez-vous-en ! J’avais déjà évoqué l’idée dans cet article qui donne des pistes pour écrire un rp convenable, mais elle est particulièrement prégnante dans le cas d’un affrontement. Matérialisez dans votre jeu un tesson de bouteille et utilisez-le ! Le moindre objet, et même les animaux peuvent vous servir à taper sur les gens, alors ne vous en privez pas. Un caillou ? Vous pouvez le lancer. Un gros rocher ? Vous pouvez prendre appui dessus pour sauter. Un mur ? Vous pouvez le défoncer, ou l’escalader. Une planète ? Bref, vous avez compris, peu importe l’échelle, il y a moyen de tout exploiter et de tout intégrer dans une action.

Mais le lieu au sens propre n’est pas votre seule ressource, il y a aussi quelque chose qui s’appelle le contexte ! Le contexte au sens large, d’un jeu de rôle, mais aussi au sens restreint, d’un rp, c’est-à-dire le scénario. Si vous évoluez dans un rpg avec des loups-garous, eh bien vous pouvez feindre que vous êtes un loup-garou pour effrayer votre adversaire ! Et ça marche aussi avec la piraterie, ou les chevaliers. Si vous vous situez plus dans un jeu de rôle un peu mystique, avec de la magie occulte, pourquoi ne pas tenter d’invoquer des sources de puissance obscures ? Car en effet, les rp de combat, c’est aussi l’occasion de développer de nouvelles compétences ! Là, ça se joue à l’échelle du scénario du rp. Essayez d’innover et de trouver de nouveaux enchaînements, de nouvelles attaques, de nouvelles maîtrises, de nouvelles aptitudes lors d’un combat particulièrement intense avec un autre membre de votre jdr, par exemple lors d’une mission très importante ou d’un tournoi. En mettant des enjeux dans le scénario de votre rp, vous aurez de très bon arguments pour permettre à votre personnage de s’améliorer. Si fiche technique il y a, prévoyez d’y laisser une place pour une « technique secrète » que votre personnage pourrait découvrir légitimement à un niveau avancé. Une fiche technique peut ne pas être totalement hermétique, il y a toujours moyen de laisser un champ de mystère et une marge d’évolution pour votre création.

2/ Et si je disais un truc ?

Enfin, un combat, c’est aussi le moment idéal pour lancer des répliques cultes (« Ce crayon, je vais le faire disparaître. Tadaaaa, il a dis-pa-ru ! ») . N’hésitez pas à lâcher une bonne blague bien lourde parce que, pour une fois, cela sera tout à fait le bienvenu ! Vous pouvez faire allusion au personnage de l’autre, son physique, son histoire, mais aussi à des actions qu’il n’aurait pas très bien menées pendant votre querelle. Oui, le but, c’est de montrer votre supériorité absolue ! Et c’est d’autant plus drôle lorsque vous vous faites rétamer après. En bref, les actions, ce sont aussi les paroles, et les combats, ce sont aussi des battles de clashs !

N’hésitez pas à nous faire partager le souvenir de l’un de vos combats mémorables !

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