Archive pour mai, 2019

Des tabous dans le role play ?

Donne ton avis sur l'influence des tabous dans la création rôlistique (écriture, conception, interprétation, ...) :

Voir les résultats

Chargement ... Chargement ...

Note : cet article dispose d’une mise en page qui facilite la lecture « en diagonale » via les mots en gras

Il y a un petit moment qu’il n’y avait pas eu d’article type débat sur le blog, du coup j’ai décidé cette fois de traiter avec vous un sujet un peu déjà-vu mais pas moins intéressant : les tabous dans le role play (« Tu veux pas nous demander si on peut rire de tout aussi -_-’  » ) !

I – La morale et les tabous dans le role play, ça existe vraiment ?

1/ Au niveau des personnages

Vous êtes-vous jamais demandé, au moment de faire crever toute la famille de votre personnage pour élaborer son background, si c’était… moral ? En vrai – on va pas se mentir – on s’en fout complètement, c’est juste plus pratique pour supprimer toutes les attaches et partir sur une fiche de relations vierge qui ne demande qu’à être complétée. La morale, ça passe après ! Incarner des délinquants, des assassins, ça nous pose pas de problème. Pourquoi pas même des violeurs. Il n’y a qu’à observer le nombre de forums interdits aux mineurs, et on comprendra qu’on ne se gêne pas pour flirter avec les thèmes pas trop trop politiquement corrects (« Bah quoi on parle juste de cul, de coke et de pastis ‘-’  » ). On joue des schizophrènes, des cancéreux, des dieux aussi, et rien de tout cela ne semble tabou. Mais quand on se pose la question : est-ce qu’on a vraiment le « droit » d’incarner tous ces « personnages », alors qu’ils ont une réalité qui pose problème dans nos sociétés, et qu’ils sont tabous IRL ? En tant qu’admin d’un forum qui permet d’être prêtre, j’ai pensé à la manière dont je réagirais si un membre voulait jouer un prêtre pédophile, pour faire un espèce d’écho complètement glauque à l’actualité… Est-ce que j’aurais le droit de le refuser ? Est-ce que ce serait pas « discriminatoire » ? Je pourrais même aller encore plus loin dans la gênance (« Il va finir par entrer dans le dico ce mot… ») : et si j’avais envie de jouer un jihadiste ? Là, on voit quand même que ça pourrait poser quelques petits soucis éthiques

2/ Au niveau des contextes

Mais on peut trouver des enjeux moraux dans le contexte même de certains jeux, ou du moins pourrait-on en imaginer qui soient limite-limite. J’ai déjà pu rencontrer un contexte qui, par exemple, imaginait un monde où les inégalités homme-femme étaient inversées et, plutôt que le patriarcat, c’était le matriarcat qui était de mise. Un tel contexte peut être intéressant pour réfléchir sur des questions sociales, anthropologiques, etc., mais est-ce qu’il est vraiment sain ? Et surtout, ce genre de contextes ne risque-t-il pas de finir par créer la polémique et monter les membres les uns contre les autres ? Car on ne pourra plus ensuite ajouter la clause dans le règlement qui interdit les débats politiques ou religieux…

II – Le but de faire jouer les tabous

On pourrait continuer à énumérer différents cas pendant tout l’article (« Euh, ouais, bof :| » ), mais ce qu’il importe de se demander, c’est la raison pour laquelle on va incarner tel ou tel personnage sulfureux, écrire tel ou tel contexte un peu dérangeant. Et puis déjà, de base, il faut se demander si on a vraiment envie d’incarner n’importe qui (pour citer Rémi Gaillard : « c’est en faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui »). Personnellement, la flemme de jouer des personnages qui me rappellent trop BFM TV et qui me prennent plus la tête qu’ils ne me divertissent. Mais au-delà de ça, on peut voir que le monde du RPG, c’est aussi un super lieu et un super moyen pour faire avancer les sujets de société, puisqu’après tout soit c’est une fiction historique (pour les jeux historiques), soit c’est une fiction où peuvent s’intégrer des représentations de la réalité (s’il n’y en a pas toujours…). J’aimerais citer ici un forum qui s’appelle Totemique où l’on pouvait incarner un personnage « éveillé » investi d’une mission par la Terre pour la sauver. Les « éveillés » étaient guidés par des « totems », animaux ou élémentaires, qui finissent par les habiter en leur permettant de développer des pouvoirs. Les « éveillés » évoluaient aux côtés de personnes « endormies » qui ne percevaient pas ces phénomènes mystiques et vivaient leur vie naïvement. En fond se dessinait donc une trame sur le changement climatique et la responsabilité éco-citoyenne, et ce forum était ainsi véritablement une forme d’action politique, allant dans le sens du combat contemporain pour l’écologie. Il était même prévu des évents qui consistaient à sauver des animaux, ou encore à lutter contre le déversement des produits polluants dans les rivières. Pouvoir parler de sujets sociétaux à travers le jeu et la fiction, et incarner des personnages qui agissent sur ces sujets – bien que ce soient des représentations – pourrait avoir un impact sur la réalité, ou en tout cas sur les joueurs, et aller dans ce sens peut justifier qu’on évoque ludiquement des tabous.

III – Accorder ludique et polémique

Tout ça c’est bien beau, mais à la base, on est quand même sur des jeux. Alors forcément se pose la question de l’équilibre entre l’aspect ludique et l’aspect polémique : est-ce que le jeu doit être un prétexte pour traiter de tabous, ou l’inverse ? Il semble que certains sujets de société se prêtent particulièrement au jeu, ne serait-ce que sur les RPG historiques (par exemple traiter du fascisme à travers un jeu sur la Seconde Guerre mondiale). Mais d’autres s’associent sans doute plus difficilement à une démarche ludique. Il y a en tout cas peut-être un risque dans le fait d’adhérer trop à la réalité par l’intégration de tabous et de sujets de société : celui d’oublier que le jeu de rôle, c’est avant-tout une évasion…

Publié dans:Réflexions |on 20 mai, 2019 |Pas de commentaires »

Luthier cap breton |
Gerar24 |
Journal du bon Hobbit |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Transamandatorride
| Urlreference
| GEORGEODETTE